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La Bureaucratie
MISES Ludwig von

La Bureaucratie

MISES Ludwig von



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« Dans la machine bureaucratique du socialisme, ce n’est pas l’œuvre accomplie, mais la faveur des supérieurs qui détermine l’avancement. Les jeunes dépendent totalement des bonnes dispositions des vieux. La génération montante est à la merci de ses aînés. » Ludwig von Mises, In Bureaucratie.

Les penseurs libéraux ont toujours eu des problèmes de communication majeurs pour faire passer leurs idées. On peut presque dire qu’ils sont passés complètement à côté du XXème siècle au niveau du combat symbolique ; ce qui fait que la pensée libérale  a été ignorée dans de nombreux pays et elle reste à l’heure actuelle très mal comprise par la plupart du monde profane, mais aussi académique.  En justifiant la supériorité du capitalisme sur le socialisme par la simple puissance et l’efficacité, les penseurs libéraux sont tombés dans le même piège que des adolescents devant leurs futures conquêtes amoureuses. Nul doute que la personne potentiellement conquise peut être intéressée par la puissance, mais que l’essentiel n’est pas là …

Et ce sont justement de nouvelles perpectives de réflexion que Ludwig von Mises nous propose dans son dernier ouvrage connu initulé La Bureaucratie. C’est-à-dire qu’au lieu de conceptualiser le libéralisme positivement, nous offrir une approche dialectique et de le définir dans sa négation. Et sa négation est bien la bureaucratie ou l’esprit bureaucratique.

Cet ouvrage, qui a une valeur fondamentale au niveu philosophique, pose la question hégelienne par excellence : « Qui doit être le maître ? ». Mises répond à sa manière : c’est bien la force créatrice de l’esclave prêt au travail acharné qui doit être récompensée dans cette quête au profit. C’est cette capacité de l’esclave à devenir maître qui pousse toute simplement une société à être en vie, à ne jamais stagner, a contrario de l’esprit bureaucratique qui n’est qu’une quête, et même un discours, une philosophie, à légitimer la position du maître.

Mais, il est vrai, le capitalisme ne promet rien au niveau du bien. Il inaugure simplement ce grand mouvement historique dont Spinoza avait commencé à conceptualiser les contours : le passage du bien au bon. Est-ce qu’il faut bâtir les fondements d’une société juste, éprise de bien, au risque de la rendre mortifère ? …  ou une société en mouvement, certes inégalitaire, mais tout simplement en vie ? – c’est à vous de répondre … et bonne lecture.

Traduction de Bureaucracy, New Haven : Yale University Press, 1944 (125 pages). Il existe une traduction espagnole et une traduction grecque de l’ouvrage. La traduction française a été publiée pour la première fois par la Librairie de Médicis en 1946 (136 pages). Elle a été rééditée en 2003 par les Éditions de l’Institut Charles Coquelin.